Le tour du lac des Settons ne demande aucune condition physique et beaucoup d’attention. Soixante mètres de dénivelé sur quatorze kilomètres et demi : personne n’y souffre, et les enfants suivent. Le chemin, lui, change trois fois de marque en route. La première des trois quitte le lac au bout de quatre kilomètres sans rien annoncer.
Comptez trois heures trente à quatre heures. Vous finissez sur le barrage, par où vous êtes parti, parce que la boucle se referme là et nulle part ailleurs : entre les deux rives, il n’existe aucun autre passage.
| Portion | Marque à suivre | Où elle vous lâche |
|---|---|---|
| Barrage → Chevigny | blanc et rouge du GR 13 | 300 m après le hameau |
| Chevigny → pont du Lyonnet | jaune et rouge du GR de Pays, jaune sur le Chemin des Lutins | au pont |
| Pont du Lyonnet → barrage | vert du circuit VTT numéro un | sur la digue |
Du barrage à Chevigny, le blanc et rouge du GR 13
Laissez la voiture rive gauche, à l’ouest, au pied du barrage, sur la D 520. Le parking de l’hôtel Morvandelle est le plus proche du départ. Les autres aires du lac se répartissent sur quatre secteurs qui ne se valent pas, et le choix dépend surtout de l’heure d’arrivée.
Partez plein sud, le lac à main gauche, sur le blanc et rouge. Trois kilomètres huit cents de sentier ombragé, en balcon bas au-dessus de l’eau, jusqu’au hameau de Chevigny. En face s’étale la Grande Île. C’est le bord le plus tranquille du lac : aucune départementale ne le dessert, seulement une route communale étroite.
Après Chevigny, le GR 13 s’en va sans vous
Le GR 13 traverse le Morvan de Marigny-l’Église à Millay, cent huit kilomètres. Il longe le lac, il n’en fait pas le tour. Trois cents mètres après Chevigny, à une fourche, le blanc et rouge part sur la droite et remonte vers l’intérieur du massif, en direction des gorges de la Canche et du Haut-Folin.
Le tour continue à gauche. Sentier du Chemin des Lutins, balise jaune, panneaux de découverte pour les enfants. Rien à cet endroit ne prévient que le blanc et rouge cesse d’être le bon fil, et c’est le seul carrefour de la journée où l’on peut vraiment se tromper. Ceux qui s’obstinent grimpent dans les bois, loin de l’eau, et redescendent une demi-heure plus tard.
La queue du lac, sur les passerelles
La Cure entre par le sud. Le fond de lac y devient marécage, et le sentier le franchit sur des passerelles de bois, dont une dépasse cent cinquante mètres et offre la plus belle vue de la journée. Du pont de la Cure au pont du Lyonnet, la marque qui commande est le jaune et rouge du GR de Pays. Trois couleurs se croisent parfois sur le même poteau : savoir laquelle suivre évite le demi-tour.
Passé le Cap des Piscuits et la Cabane Verte, le tracé remonte l’anse orientale jusqu’à la D 501, au lieu-dit Le Haut Forgeot. Huit kilomètres quatre cents depuis le barrage. C’est le point le plus éloigné du départ, et le plus boisé : on quitte la rive, on enjambe des ruisseaux sur de petites planches, on ne voit plus l’eau pendant vingt minutes.
Du pont du Lyonnet au barrage, avec les vélos
Au pont du Lyonnet, la troisième marque prend le relais : le vert du circuit VTT numéro un, que le Parc appelle le chemin de ronde. Un kilomètre suit l’ancienne voie du tacot, la ligne à voie étroite qui descendait le bois du Morvan vers Paris.
Ensuite viennent le Domaine des Fontaines, la base nautique, la presqu’île. Beaucoup de monde. Vous marchez sur un itinéraire cyclable classé vert, donc ouvert aux familles à vélo, et les panneaux du Parc demandent que les passerelles se franchissent vélo à la main. Le sentier est assez large pour qu’on se croise sans y penser ; les planches ne le sont pas.
Couper court : deux demi-tours, aucun raccourci
Rien ne traverse le lac en son milieu. La seule coupe possible, c’est de revenir sur ses pas, et deux demi-tours tiennent debout.
Le premier va vers le sud, du barrage à la passerelle du Chemin des Lutins : quatre kilomètres à l’aller, huit en tout, deux heures, et vous aurez vu la rive sauvage et la traversée de la queue du lac. Le second file à l’est jusqu’au Domaine des Fontaines, quatre kilomètres deux cents, plus roulant et plus animé.
Avec deux voitures, la D 501 touche le sentier à la queue du lac. Elle coupe la boucle en deux moitiés inégales : huit kilomètres quatre cents par l’ouest, six kilomètres trois cents par l’est.
Le barrage, et le compteur qui dit que la boucle est bouclée
Le barrage ferme le circuit au nord. Dix-neuf mètres cinquante de haut, deux cent soixante et onze mètres de long, en granite tiré de la forêt du Breuil-Chenue et charrié par attelages de bœufs. Chantier ouvert en 1854, ouvrage inauguré le 13 mai 1858, achevé en 1861. Il servait à lâcher l’eau pour le flottage du bois, arrêté dans les années 1920, et à retenir les crues de l’Yonne par la Cure. La retenue couvre trois cent cinquante-neuf hectares, la plus ancienne des quatre du massif.
Le compteur du téléphone tranche mieux que l’impression. Le circuit est affiché pour 14 kilomètres ; une trace relevée à pied en donne 14,5 à 14,7. Sous 13, vous avez sauté l’anse orientale sans le voir, et le passage sur l’ancien tacot avec elle.
Reste le niveau de l’eau, que les services de l’État relèvent chaque matin. Le 2 septembre 2026, la cote était de 15,04 mètres, un mètre quatre-vingts sous la cote visée, et elle baisse encore jusqu’à la fin de l’année. Le sentier ne bouge pas. La vue, si : la queue du lac se retire et les passerelles surplombent de la vase. Il faut une vidange complète, comme celle de 2022, pour que le fond rende ses murets et les ruines d’une ferme engloutie au XIXᵉ siècle. Un abaissement d’automne ne va jamais jusque-là.